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Lectures musicales et poétiques

Voyages poétiques en écho d'une mère et de sa fille ( et inversement), Tarnaises d'adoption, autour de leurs textes.

Des thèmes qui se répondent, comme l'acte d'écrire ou de créer, le voyage, l'enfance, la révolte ;  des écritures sensibles en écho,  qui soulignent lumières et ombres du quotidien.

Deux vies bien différentes, une ancienne enseignante et une artiste de cirque et chanteuse, deux voix, deux générations qui s’entrecroisent et (se) racontent. Et quelques surprises musicales en ponctuation…

« Le soleil se faufile dans nos nuits »
par Marie Guerrini, photos Lucien Arnauld, editions Unicité novembre 2020 (voir le site de l’éditeur)

Avec ce premier livre, Marie Guerrini nous offre ici, un peu à la manière d’un journal de bord, des poèmes ayant trait à sa vie d’artiste de cirque ou de femme qui a observé, non sans générosité, tous ceux qui ont partagé des moments avec elle.
Loin des contingences de la poésie moderne avec ses accents lyriques ou métaphysiques, l’auteure a su au contraire plonger au cœur de la vie et privilégier le sensible, le palpable, tout en nous laissant voir plus loin en nous-mêmes comme si on avait été convié à ce partage.
D’une certaine manière, Marie Guerrini renoue avec la poésie réaliste qui touche le cœur et qui, par le pouvoir des mots, fait ressortir du quotidien toute une humanité.

« Et le monde marchait avec elle. Et les quarante humains accrochés aux haubans qui tendaient sa corde marchaient avec elle. Et la foule muette et immobile marchait avec elle.
Elle s’est arrêtée au milieu, là sur ses quelques centimètres de corde elle s’est posée, elle a posé son balancier sur ses genoux, elle a levé les mains au ciel. »- Extrait du recueil

François Mocaer

« 109 Haiku  »
par Eliane Biedermann, photos Lucien Arnauld ,éditions Unicité décembre 2021 (voir le site de l’éditeur)

L’art de l’haïku, ce court poème japonais qui tient au creux de trois vers, n’est pas maîtrisé par tout le monde ! Choisir les haïkus pour s’exprimer n’est pas dû au hasard ; il y faut de la subtilité, de la délicatesse et la douceur d’un pastel. Eliane Biedermann, elle, excelle dans cet art : son nom n’apparaissait-il pas déjà dans l’importante  Anthologie de l’haïku en France ?

Aujourd’hui, avec ce recueil, la poète, dans la tradition, enchante le banal pour le métamorphoser en poésie. Elle nous montre ce détail qui ouvre le monde de notre mémoire, de notre imaginaire. L’image cligne de l’œil et disparaît, nous laissant rêveurs. Le lecteur s’évade alors dans une émotion furtive comme un frisson de bonheur. Il aime la simplicité de la langue, connait la difficulté de créer des choses simples.

Je lis : « La contrebasse pleure / près de l’étang du château / un héron s’envole ». Aussi : « Dans le village éteint / la cloche sonne sept heures / l’été s’écoule » Un dernier ? « Plaisir d’écrire des haïkus / en bonne compagnie / ciel blanc d’hiver »

Je lis ces vers et je suis heureux. Un recueil dans ma bibliothèque !

Alain Lacouchie

De Marie Guerrini / Photos  Lucien Arnauld

Éditions Unicité février 2025

« D’emblée, notre auteure s’interroge sur son « métier, faire rire », en se demandant « s’il pouvait être aussi salvateur de cultiver du blé ou construire des abris ?… »
Car le cirque est un métier, proche des gens, de la nature aussi « Dans le ru qui cascade entre mousse et granit / ronces et bois flotté »
Le temps qui passe est aussi celui qui nous traverse, telle l’enfance avec ses questionnements, sonn regard étonné sur notre onde de grandes personnes. La survenue de l’âge est analysée sans résignation, avec engagement et parfois colère.
Ainsi, à Dublin : « De sa voix éraillée elle chante / la jeunesse évanouie / les rêves toujours vivants »
Au fil de ces page, l’émotion est très présente, avec son corollaire, la poésie : « HHier je me suis nourrie / Rassasiée / Rechargée / De sourires et de regards étincelants »
Cette empreinte poétique garde une salutaire distance critique face au monde moderne.
Seule échappatoire pour faire face à ces vicissitudes : la rencontre. En premier, celle du public, mais toutes celles que le lecteur gardera en mémoire : les bénévoles, les voisins de camping, les producteurs rencontrés au marché, les voix d’hommes entendues à l’abbaye de Conques par exemple…
Sans oublier le tambour, la rumeur ou les brins d’herbe… oui, ceux entre les lames du plancher… »
Extrait de la préface de Xavier BUffet
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